Sept avions russes perdus en Syrie le jour du nouvel an?

Selon une source russe les rebelles auraient endommagé plusieurs appareils

Sept avions russes perdus en Syrie le jour du nouvel an? Sept avions russes perdus en Syrie le jour du nouvel an?
Le 3 janvier 2018, le journal russe Kommersant rapportait que des «islamistes radicaux» avaient détruit sept avions de combat russes à Hmeimim près de la... Sept avions russes perdus en Syrie le jour du nouvel an?

Le 3 janvier 2018, le journal russe Kommersant rapportait que des «islamistes radicaux» avaient détruit sept avions de combat russes à Hmeimim près de la base aérienne de Lattaquié le jour du nouvel an.

Vladimir Poutine avait visité la base plus tôt dans le mois pour féliciter les troupes pour leur «victoire sur les islamistes les plus combatifs» et il avait annoncé un retrait partiel des forces russes stationnées sur la base.

Selon Kommersant, deux sources militaires et diplomatiques indiquent que les avions détruits incluent quatre bombardiers à flèche variable Sukhoi Su-24, deux chasseurs multi-rôle Su-35S et un avion de transport Antonov AN-72.

De plus, ces sources avancent que l’attaque aurait fait au moins 10 blessés chez les militaires russes et aurait détruit un dépôt de munitions. Si l’information est confirmée, il s’agirait des plus grosses pertes matérielles russes en Syrie à ce jour.

L’An-72, reconnaissable à ses deux turboréacteurs à double-flux montés sur les ailes, est un avion de transport capable de décoller de pistes courtes d’environ 500m. Le Su-35S est le chasseur le plus perfectionné en service en Russie. Le Su-24 est un bombardier supersonique qui sert abondamment dans la campagne de bombardement russe contre les rebelles syriens et les  infrastructures civiles en zone rebelle.

En 2015 un F-16 turc avait abattu un Su-24 russe. Il s’agissait, jusqu’au 31 décembre deux ans plus tard, du seul jet russe détruit par le feu ennemi en Syrie. Moscou a perdu au moins trois autres appareils de combat dans des accidents et huit hélicoptères (au moins) se sont écrasés ou ont été abattus.

Le 4 janvier 2018, le Ministère de la Défense russe admet dans un communiqué  qu’une attaque au mortier a tué deux soldats, mais dément la perte d’un quelconque avion, en déclarant que les forces présentes restent «prêtes au combat». Il note aussi qu’un hélicoptère d’attaque Mi-24 a été victime d’un accident qui a coûté la vie aux deux membres d’équipage près de la base aérienne de Hama le jour du bombardement.

Le Kremlin n’a pas toujours été transparent et honnête sur ses pertes au sol en Syrie. Mais aucune preuve photographique n’est venue confirmer la destruction d’appareils russes. Étrangement, il semble qu’aucun groupe rebelle n’ait revendiqué ou posté de preuve d’une attaque qui aurait provoqué de tels dégâts.

Photo: Roman Saponkov

Le jour même où Moscou publiait son communiqué, le journaliste militaire russe Roman Saponkov postait des photos sur VKontakte, le réseau social le plus populaire en Russie, montrant le stabilisateur horizontal endommagé d’un Su-24, et et une entrée d’air de réacteur percée.

Selon Saponkov, aucun appareil n’a été détruit, mais 10 appareils ont été endommagés, ce qui inclut six Su-24, un Su-35S, un An-72, un avion d’observation An-30 et un hélicoptère de transport Mi-8. Il prétend aussi que deux Su-24 et un Su-35S sont de nouveau opérationnels.

Dans une autre publication, Saponkov dit qu’il lui a été demandé de ne pas évoquer l’attaque. «Hier il se trouve que j’étais le premier à donner cette information, alors que toutes les personnes «informées» étaient au courant. J’ai même écrit à des Syriens pour exprimer mes condoléances. Cinq sources différentes m’ont demandé de n’en parler à personne. Évidemment les Russes, dont des citoyens ont été tués dans le bombardement, ne sont pas syriens et ils n’ont pas besoin de savoir …»

«Ce n’est pas la peine de juger notre armée» ajoute Saponkov «les extrémistes étaient bien préparés, ils avaient très probablement des technologies étrangères. On ne s’attendait tout simplement pas à ce que les extrémistes aient acquis de nouvelles technologies.»

Dans une publication plus récente, Saponkov écrit que des blogueurs pro-Kremlin ont attaqué sa crédibilité.

Des photos satellites de la base de Hmeimim montrent que les avions de combat russes étaient stationnés rapprochés. Un bombardement précis au mortier pourrait endommager plusieurs appareils avec chaque obus, et potentiellement occasionner des dégâts supplémentaires avec les débris projetés.

Les mortiers sont plus petits et plus mobiles que l’artillerie, ils peuvent être mis en batterie plus rapidement. Malgré tout, un mortier de 82mm (un modèle en usage des deux cotés dans la guerre civile syrienne) a une portée limitée à 4,2km, ce qui suppose qu’une équipe rebelle aurait dû infiltrer le périmètre lourdement défendu de la base aérienne russe pour frapper efficacement.

Un mortier de 120mm peut atteindre 7km de portée, mais il nécessiterait un véhicule de transport. Approcher si près de Lattaquié serait un défi important pour les rebelles, sachant que leur territoire dans la Province d’Idlib s’est considérablement réduit en 2017.

La mention d’une «technologie étrangère» par Saponkov pourrait nous mettre sur la voie. En effet ces dernières années les rebelles syriens ont utilisé des missiles anti-char de fabrication étrangère pour détruire des appareils du gouvernement syrien.

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